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La Banque du Japon laisse ses taux inchangés, trois membres dissidents
information fournie par Reuters 28/04/2026 à 10:50

Le drapeau national japonais flotte sur le bâtiment de la Banque du Japon à Tokyo

Le drapeau national japonais flotte sur le bâtiment de la Banque du Japon à Tokyo

La Banque du Japon (BoJ) a laissé mardi ses taux ‌d'intérêt inchangés, mais trois des neuf membres du comité de politique monétaire ont proposé de relever les taux, illustrant les préoccupations au ​sein de l'institution à propos des pressions inflationnistes engendrées par la guerre au Moyen-Orient.

Déclenchée par la campagne militaire des États-Unis et d'Israël en Iran le 28 février, la guerre a compliqué les démarches de la banque centrale pour normaliser la politique monétaire du Japon ​et porter graduellement les taux, toujours très bas, à un niveau considéré comme neutre pour l'économie. Les marchés voient ce taux aux alentours de 1,5%.

Si la banque centrale ​nippone a, comme attendu, maintenu l'objectif des taux d'intérêt à court ⁠terme à 0,75%, trois membres du comité de politique monétaire ont surpris en faisant dissension, appelant à relever les taux ‌à 1,0%.

Isolé le mois dernier, lorsqu'il était alors le seul à suggérer une hausse des taux, Hajime Takata a cette fois reçu l'appui de Naoki Tamura et Junko Nakagawa.

Il s'agit du plus important nombre ​de dissidences enregistrées au sein du comité de ‌politique monétaire depuis janvier 2016, lorsque la BoJ avait adopté des taux d'intérêt négatifs à ⁠l'issue d'un vote serré (5 contre 4).

"Notre décision d'aujourd'hui repose sur l'idée que les banques centrales doivent faire abstraction de l'inflation temporaire induite par des chocs d'offre. Mais si un tel choc entraîne des effets de second tour sur l'inflation sous-jacente, nous devrons relever les ⁠taux d'intérêt", a déclaré mardi ‌le gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, lors d'une conférence de presse.

"La Banque du Japon souhaite prendre ⁠un peu plus de temps pour examiner comment le conflit au Moyen-Orient affecte l'économie et les prix, et si les risques ‌liés à la croissance et à l'inflation pourraient évoluer", a-t-il ajouté.

À l'issue de sa réunion de deux jours, la ⁠BoJ a également communiqué son rapport de perspectives trimestrielles. Elle a nettement revu à la ⁠hausse sa prévision d'inflation de base ‌pour les exercices fiscaux prenant fin en mars 2027 et en mars 2028, et elle a également réduit ses prévisions de ​croissance pour ces deux années-là.

Les projections du comité concernant l'inflation dite sous-jacente, ‌qui exclut à la fois les coûts des carburants et ceux des denrées alimentaires fraîches jugés volatils, s'établissent à 2,6% pour les exercices 2026 et 2027, ​dépassant largement l'objectif de 2% de la banque centrale.

"Si l'inflation, en particulier l'inflation sous-jacente, dépasse nettement notre objectif, nous devrons resserrer considérablement la politique monétaire pour la ramener à un niveau plus bas", a déclaré Kazuo Ueda.

Grandement dépendante des importations de ⁠pétrole, l'économie japonaise est particulièrement affectée par la hausse des prix et les problèmes d'approvisionnement engendrés par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz en raison de la guerre.

Il est attendu que d'autres banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine (Fed) mercredi et la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, décident également cette semaine de ne pas modifier leurs taux, alors que semble s'éloigner la perspective d'un accord entre les États-Unis et l'Iran.

(Leila Kihara et Makiko Yamazaki, avec la contribution de Kantaro Komiya et Satoshi Sugiyama; version française Jean Terzian ​et Coralie Lamarque, édité par Blandine Hénault)

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